Rencontre avec FIZZI PIZZI [Intw]

Alors que le Festival Terres Hip Hop bat son plein et notamment à Bobigny (au Canal 93), nous avons pu échanger avec l’un des protagoniste du festival, digne représentant de Boboche et Mc sans rature et sans fioriture. C’est parti et comme il dirait : « Tatatatata ».

Bonjour  Fizzi Pizzi,  quoi de neuf ?

Cool, j’attends le printemps.

C’est quoi ce nom ? Explique le nous s’il te plait ?

Ça vient des Chewing gum « Frizzy Pazzy » ! Il y avait un épicier en face de chez moi qui nous filait des paquets « périmés ». Donc, comme je fais souvent référence à cette période, j’ai un peu transformé le blaze.

Tu es issu de Bobigny, c’est dur d’être «l’héritier» de l’école de Boboche (je pense à L’indis, Lavo (les 10), à Soldafada et bien sûr à Nakkos… ?

Non, je ne prends pas ça comme un héritage, ils ont leurs façon de faire depuis un bail, vu qu’ils sont potes d’enfance. Moi, je fais ce que je sais faire sans prise de tête. J’ai pas forcement les mêmes références ni les mêmes codes. Le rap permet justement d’être libre, de suivre des inspirations singulières. Toutefois, c’est vrai qu’ils grattent dur-dur les copains.

Parle-nous du rap de Boboche

Les différents groupes qui ont émergé depuis 25 ans ont connu plusieurs mouvances. L’une des premières défendait un rap hostile, tout à l’image des 357 MP (fin des années 80). Ensuite, au milieu des années 90, un artiste comme Ménélik s’est fait connaître du grand public. A cette époque, il y a eu un engouement général dans la ville, faisant naître le festival XXL Performance (1996 à 2003). Dans le même temps, naissait aussi le groupe Soldafada avec des textes conscients. A la fin des années 90, début 2000, Nakk, Les Dix, la chanteuse Wallen ont repris le flambeau avec des titres émouvants. Des majors comme Warner, BMG, Sony ont manifesté leur intérêt pour les artistes made in boboch mais au final, c’est l’expérience de l’indépendance qui a pris le dessus. C’est dans ce cadre que j’ai commencé à m’exprimer. Début des années 2000, apparition sur des compilations confidentielles, un concert ou deux avec Perkou, un feat avec Nakk et Boogy (Ex Soldafada). J’ai continué jusqu’à ce que je puisse diffuser un premier clip via le web en 2012. Aujourd’hui, quelques noms célèbres du “Rap Game Made In France” sont en orbite autour de la ville et le festival Terre Hip Hop (avec l’équipe du Canal 93) fait perdurer la tradition locale.

Comment es tu arrivé au rap ?

L’élément déclencheur : C’était en 1994, le fait de voir mon frangin (Morne Rouge) produire des sons avec son E-Mu et des vieux vinyles. Il recevait des jeunes mc’s à la maison, ceux du groupe « Soldafada »… J’assistais à la naissance de certains titres. Un peu après, je me suis mis à écouter des groupes comme la Cliqua, 2 Bal, X Men, IAM, NTM ou des artistes comme Oxmo. Je m’en suis inspiré et à force, j’ai progressé en peaufinant mon style.

Quelles sont tes sources d’inspiration ? / tes Influences pour les textes ?

le quotidien, c’est une bonne source d’inspi ! Et plus je vis plus j’écris. Je n’ai pas de construction type dans mes couplets. D’ailleurs, parfois je pars en sucette sur les mesures… Je peux faire un 12, pas de refrain, ou un 17 avec un refrain inattendu. D’ailleurs, Twister était blasé au départ (d’où la dédicace dans un titre « Twister, je m’en branle de tes structures »)

Tu as sorti de nombreux EP : sur Bandcamp et en physique – c’était quoi ton objectif / tes objectifs ?

Partager ma musique et mettre en avant le taff de mon équipe (Dufaitmaison) : Morne Rouge, Twister, mais aussi le travail de beatmakers comme Sizemen, Kobé Beats (Palace Prod)…  Je suis accompagné par des passionnés qui donnent beaucoup d’énergie sans compter. Donc, je me dois de respecter leur engagement en travaillant beaucoup.

Parle-nous de ton (excellent/touchant) dernier clip qui touche et dénonce – la pièce ? (À voir ICI)

Je dois justement ce titre à l’investissement de ma team : Nordine Oulmi (Co-réal), Morne Rouge (Co-Réal et compositeur du son), F.Stoëhr pour le scénario et le montage, Rico et Tito, les comédiens. 4 jours de tournage dans le bois de Vincennes, sous la pluie, dans le froid. Le comédien principal, Rico s’est donné à fond… il est parti mendier sur les Champs Élysée, dans le métro, en faisant face à l’ignorance réelle des gens qu’il croisait. Pendant les scènes, les réals sont restés dans l’ombre avec leurs 5d pour capter le plus d’expression sincères. Le scénario a été bouclé en quelques heures par F.Stoëhr, elle prépare d’ailleurs les prochains clips. La pièce préfigure une nouvelle tendance, c’est à dire, des scénarios, des comédiens et des moyens de production qui vont être de plus en plus importants. L’équipe va partir de mes textes pour commencer à tourner des vidéos qui vont ressembler davantage à des courts métrages et qui nous permettront de défendre certaines causes sociales un peu trop ignorées.

Je te rencontre dans le cadre du festival Terres Hip Hop 2014, ou tu as pris le mic le 28/02 ? ça t’a fait quelque chose de jouer « à domicile » ?

Un kiff ! Peu de monde mais c’était une bonne soirée. Mes proches était présents. J’ai pu partager la scène avec mon mc préféré comme backeur !  » Boogy » et avec mon dj, DJ Leenox qui à fait une superbe prestation sans aucune préparation.

Que penses-tu de ce festival et des artistes qui seront présents avec toi sur scène et durant le festival – que penses-tu de la programmation ?

C’est très varié et justement j’aime les palettes larges, ça permet de découvrir des artistes et leurs univers et de faire venir un public âgé de 14 à 64 ans…

Comment s’annonce la suite pour toi ?

J’ai 4 projets en chantier…1 ep produit par Sizemen « fight club » (beatmaker du Palace). 1 ep produit par Twister « La Vraie Vie ». Mon album « 1947″ produit par Morne Rouge et une net tape Dufaitmaison vol 2 avec l’intervention de différents beatmakers et quelques feat inédits, notamment Nokti (Case Négre). Tous les titres sont enregistrés mais il y a encore 40 morceaux à mixer, plus les clips à tourner ! Donc, la matière ne manque pas, mon catalogue grandi. Je m’approche des 80 titres.

Que signifie pour toi HipHop4ever ?

Qu’on jouera j’ai mal au mic sur mon cercueil.

Un coup de cœur ?

Ouais, les indépendants qui bossent dans leurs coins respectifs avec peu de moyens mais qui savent charbonner et avancer

Un coup de gueule ?

Contre les bouffons qui salissent notre culture.

Le mot de la fin : Merci pour l’interview, big up, peace etc. Tatatatata !

Plus d’informations :

Partageons le HH
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

WP-Backgrounds Lite by InoPlugs Web Design and Juwelier Schönmann 1010 Wien