Rencontre avec Saloon

saloonVous connaissez tous les 3 singes : j’ai pas vu, pas entendu et pas dis, et bien j’ai rencontré le 4eme singe. Il se fait appeler Saloon. Rencontre avec l’une des nouvelles plumes du rap français pour qui le fond et la forme sont liés et où la punchline n’est pas là que pour faire joli.

Dany : Bonjour Saloon, on va parler de ton album qui s’intitule « le 4ème singe », c’est un album riche avec un contenu de 21 morceaux, des prods et des thèmes variés, souvent sombres, tristes, instrospectifs. Je te propose de directement parler du concept du 4ème singe : t’as pas pu ne pas entendre, ne pas voir et ne rien dire :

Saloon : Exactement, en fait le concept de 4ième singe m’est venu en voyant les 3 statuettes que j’ai chez moi, que j’ai depuis que je suis petit, j’ai toujours le souvenir de les avoir, et c’est vrai que c’est un truc qui m’a toujours intéressé, et en fait quand j’écrivais l’album, j’ai pensé à ce concept, et j’étais content car le 4ème singe ça peut-être toi, moi, tout le monde : comme mon album est général, je parle de la vie en général et de mon point de vue sur la vie en général, ça peut être tout et rien, sans tabou, ça collait parfaitement : ne rien voir : le 4ème singe raconte ce qu’il a vu et entendu.

D : Une particularité c’est que tu aimes bien « chantonner », cela fait de toi un artiste complet, avec de l’introspection, de l’égotrip, de la conscientisation, une dose d’amour, de la drôlerie, finalement quel est ton défaut : tu réuni toutes les caractéristiques d’un bon rappeur alors Saloon quel est ton défaut ?

S : Mon défaut je pense qu’il serait sur cet album là, que vraiment j’appuie peut-être trop fort sur certains trucs comme par exemple avec le curé pédophile, ça revient sur plusieurs morceaux, c’est vraiment le summum du truc qui est vraiment hardcore : le curé pédophile s’est vraiment celui qui se dit faire le bien et qui fait les pires trucs du monde et c’est vrai que deux trois punchline auraient peut-être suffi : on va dire donc que c’est ça.

D : Saloon, avant de rentrer plus précisément dans ton album, en plus de faire du rap tu as un métier à coté : je ne veux pas forcément qu’on aborde ton métier, mais est ce que le rap tu veux en faire ton métier, et est ce que tu souhaite en vivre, ou est ce que tu fais ça parce que tu es passionné tout simplement ?

S : Alors le rap c’est avant tout une passion, mon album était vraiment un rêve de gosse, j’en ai eu plusieurs, quand j’était jeune et que j’écoutais du rap, par exemple on reviendra sur Danny Dan (rappeur des Sages Poètes de la Rue et solo), mais Danny Dan je me suis dis genre un jour je rapperai avec Danny Dan, et ca c’est fait et quand je me disais je rapperai avec Danny Dan, je me disais aussi un jour je sortirai un album, il sortira vraiment : et aujourd’hui je réalise cela, la déjà je suis déjà super content pour ça. Franchement le rap c’est une grosse passion, pour moi : moi j’habite tout seul depuis que j’ai 18 ans,et il a toujours fallu que je m’assume pleinement à 100%, il a toujours fallu que je paie un loyer, et donc ça n’a jamais payé de quoi me faire arrêter de travailler, et maintenant je travaille encore à coté, mais rai choisi un taf qui me permet d’écrire quand je veux : je suis voiturier et tout mon album je l’ai écrit à mon travail : dans ma voiture qui se trouve avenue de New York, donc le travail pour moi est obligatoire : si je ne pouvais faire que de la musique je le ferai c’est sur. Mais en même temps je sais très bien que le fait de travailler me fait garder une plume d’un mec qui tous les jours est là en train de galérer dans les même journées : dans un des morceaux de l’album : « c’est toujours les même journées » je raconte ma journée type : j’y parle de mon métier et c » est vrai que ça m’aide aussi à avoir une plume plus agressive au quotidien. L’un sans l’autre je serais peut-être moins bon si je ne faisais que rapper : mais c’est sur que si je pouvais payer mon loyer je ne ferais que ça.

D :On l’a compris tu as un travail mais tu es aussi un rappeur fier de son art, cela se sent est ce que tu peux nous parler un peu de tes débuts ?

J’ai commencé à rapper à l’age de 13-14 ans, c’est simple au début je voulais tagger : alors je taggais : en fait tout l’univers du Hip Hop me facinait; depuis toujours, je voulais absolument des platines, et j’en ai trouvé d’occas, ensuite j’ai commencer à faire mes trucs chez moi, et après je voulais mes propres sons. J’ai toujours voulu faire du rap et ce qui m’a motivé c’est vraiment les gars qui sont avec moi (l’équipe de 4eme singe) que j’ai maintenant, étaient déjà là, à l’époque ou j’avais 13-14 ans, donc le truc c’est que tous les mercredis, avec Mozaik (qui a fait des prods), on se réunissaient et on rappaient nos trucs : si tu veux il y a un challenge qui s’est crée et en fait j’ai vu que c’était là où j’étais le meilleur : les tags me fatiguaient, aux scratchs je voulais passer tout de suite bien les choses, alors que le rap j’avais des facilités : tous les mercredis j’avais un nouveau texte, meilleur que le précédant et j’essayais de « niquer » les autres, avec un esprit de compétition. Ma fainéantise m’a amener à n’écrire que des textes et à me dire il faut que je sois le meilleur.

D : Question passe partout mais qu’il me faut te poser : pourquoi ce blaze « Saloon » ?

S : Comme je te l’ai dis tout à l’heure cela vient en fait de l’époque des Tags : j’ai eu plusieurs noms de tags et mon dernier nom de tag c’était Saloon : quand j’ai laché ca pour le rap, c’est resté : c’est sorti de ma tête : c’est surtout le lettrage que je trouvait super efficace : je trouvait ca beau « Saloon » et en même temps ca sonne bien : c’était efficace !

D : Saloon, je te propose de rentrer plus en détail dans ton album : je vais insister sur certains morceaux : on va commencer par « Moi, moi et moi », parce qu’un rappeur est avant tout égo-trip : parle nous de ce morceau et de la connexion avec Danny Dan (NDR : membre des Sages Poètes de la Rue)

S : Le morceau « Moi moi et moi » s’est fait un jour de l’année dernière : on arrive au studio là où travaille Mozaik (qui a fait la prod) et il était en train de faire cette prod là, que j’aurai jamais pris en temps normal, qui est vraiment spé : et j’arrive avec Dany, on devait faire un truc pour sa mix-tape à lui, et il part et nous dis je reviens : Mo part longtemps et puis on étaient là et on écoutait la prod avec Dany et en fait on s’est regardé et au bout d’un moment il me fait : « t’as une phrase? je fais une phrase, tu fais une phrase » et on a commencer un match de Ping-pong en direct : en écrivant : une fois qu’il avait dis la sienne je disait la mienne, quand il est revenu une heure après, déjà on avait une bonne moitié du morceau et on était à fond dedans, on a fait le truc dans la foulée, et ça s’est enchainé super vite : il y a eu un feu dans ce truc là. Ce morceau est un peu spécial, très hip hop, différent du reste de l’album, écoutez le vous verrez.

Je vous propose une petite pause musicale avec le clip : « l’envers du décors »


D : Parles nous de Dany Dan et de ta rencontre avec lui …

S : Dany c’est simple : 16 ans, j’étais fan, comme un ouf, juste qu’à 20 ans, non même jusqu’à maintenant (rires) : je suis toujours fan de lui, c’est un Jedi. Si tu veux, la rencontre s’est fait très simplement : un matin j’ai mon téléphone qui sonne et j’ai Mosaik qui me dis, allo je viens d’avoir ton idole au téléphone : qui … bin Dany Dan, et je lui dit pourquoi ?, il vient mixer un truc chez moi, je lui dis Ok, je mets mes chaussures et j’arrive. Je voulais le voir, je sais qu’il avait déja entendu des sons à moi, j’avais aussi déjà parlé avec son manager, mais je ne l’avais jamais rencontré : et il faisait son album : je me disait ouais je vais entendre des chansons de son nouvel album en avant première, j’étais tout content ! Et je le vois, et je lui dis bonjour, il me dit salut Saloon, c’est toi, j’ai déjà entendu des trucs à toi, bien et tout, j’étais déjà tout content, et direct je l’agresse et je lui dis, ouais Dany, je kiffe ce que tu fais depuis toujours, et je prépare mon album en ce moment, je lui demande un feat tout simplement. Il ne me rembarre pas, et me dis attends, fait ton truc, avance, on verra. J’étais pas déçu, j’étais déjà super content  d’être la. Et la journée se passe, et à un moment il part dans la cabine, tout seul, et me dit vient, t’as un couplet à balancer ? et je balance un couplet, il m’en rebalance un, et il kiffait grave, il appelle un de ses gars et lui dit tiens écoute son couplet, bref, la journée se passe, je rentre déja chez moi tout heureux d’avoir freestylé avec Dany dan, et lendemain coup de téléphone, rebelotte, allo c’est Mozaik, tu veux être sur l’album de Dany Dan ? Je lui dis, tu te fous de ma gueule ? ON était en juillet et la mix tape de Dany devait sortir en septembre : il a m’a parlé et quand tu es parti il m’a demandé d’écouter d’autres trucs à toi, comme je venais d’enregistrer un truc pour Bombattak un freestyle avec Oxmo, et Akh, comme ça il a vu que je me maintenait par rapport aux autres. Et le lendemain il m’a donné des instrus et on est parti.

D : Parles nous du morceau l’envers du décors (NDR : le clip est juste au dessus)

S : L’envers du décor c’est un thème qui m’est venue en écrivant le premier couplet : qui parle vraiment des trucs que t’apprend : un mec qui parait super normal, mais en fait il a une face cachée : et c’est un morceau super lourd : j’ai mis des trucs abusé dedans : genre une meuf qui a le Sida parce qu’elle s’est fais violé et du coup qui veut se venger, et ça existe : le but contaminer quelqu’un ! C’est aussi le cas du curé pédophile, et toutes ces images là je les aient réuni pour en faire un morceau : qui est dur, et sombre : c’est l’envers du décors…

D : Dans le morceau « Je pardonne » tu aborde un sujet délicat et pas facile à traiter : celui de la religion, tu parles plus ou moins de ta non croyance en Dieu.

S : Oui je parle complètement de ma non croyance en Dieu : c’est à dire que je pardonne : j’ai l’impression que pas mal de gens autour de moi, et moi en premier attendaient un morceau comme ça. J’entends que des morceaux où on parle de Dieu, mais je ne suis pas la dedans, pas du tout : pour moi ce ne sont que des problèmes : et pour moi cela fais beaucoup plus de mal que de bien : après comme je dits : c’est ma vision : je respecte la sincérité des actes : je respecte le mec qui croit en dieu pour le bien et qui fais les choses bien, ce n’est pas mauvais en somme, mais en fait moi je n’ai pas confiance en l’homme. En fait ce morceau n’est pas que sur la croyance en dieu, mais en l’homme en général : je ne suis ni juif, ni chrétien, ni musulman et j’ai l’impression que cela empiète sur ma vie : j’ai l’impression quand j’entends le rap, d’être tout seul, mais quand j’explique le morceau, les gens me disent qu’ils pensent aussi parfois comme moi : en fait j’attends des réactions : je ne peux pas être plus sincère en écrivant cela : si je ne l’écris pas je me sens mal : j’avais besoin de le faire et de le dire. Moi sur ce sujet je suis en contradiction : je dis ne me tanner pas avec ça, mais en vérité j’en parle quand même : cela me traine dans la tête.

D : Parlons du morceau « Tout se mélange » : selon moi il est un peu construit comme le morceau de Sefyu : Légende : tu commences avec « il parait » tu reprends ce gimmick pour introduire tes propos et avoir une ligne conductrice, d’où cette analogie : c’est un morceau super intéressant : tu y mélanges pleins de vérités et des mensonges : parles nous de tout se mélange.

S : C’est un morceau que j’ai écris il y a super longtemps, donc c’est dommage que cela te fasse penser à Sefyu, mais bon, à la base je l’avais fais avant, mais le premier qui sort à raison (rires) mais tout se mélange c’est vraiment moi je suis vachement inspiré par la télé : je regarde le zapping, mon album c’est le zapping, tu passe d’un truc gai à un autre plus sombre : j’ai mélangé tous les trucs que les gens disent, c’est un morceau aseptisé d’un morceau beaucoup plus hardcore que j’avais écris à un moment donné, c’est un concept en fait et il faut que les gens l’écoute : je ne peux pas en parler des heures.

D : Le morceau « Il a raison Francis »: il faut l’expliquer aux gens, mais en même temps je me disais qu’il ne fallait pas trop en parler pour ne pas gâcher la surprise : mais en fait il le faut : c’est différent : Saloon, est ce qu’on aborde le morceau ou on laisse le public le découvrir (rires) ?

S : Non on peut en parler : une fois j’étais avec Mozaik (qui a encore fait la prod) en voiture, et sur une radio locale et on entend « La corrida » de Francis Cabrel, et le silence se fait : le morceau est fort : le message de Cabrel, l’écriture, au moment ou le morceau se finit, on se dit tous les deux en même temps : « il faut faire un truc là dessus ». Il s’est passé ensuite un an avant qu’on le fasse : et en studio on se dit viens on le fait et je l’ai écrit dans la foulée : l’univers du morceau m’a amené là, avec « est ce que ce monde est sérieux », je prend un thème et je rassemble plein de choses autour : on peut prendre ensuite des exemples, Cabrel lui fait parler le taureau qui entre dans l’arène, et donc est ce que ce monde est sérieux a été simple à faire, avec la particularité d’avoir eu le droit de prendre l’instru de Monsieur Cabrel, le sample …j’espère que cela va vous plaire.

D : Dans le morceau « Pour les petits », tu engages les rappeurs à faire attention à ce qu’ils écrivent car ils sont aussi écoutés par les plus petits, morceau itéressant parce que deux choses : un tu es avec Youssoupha, et aussi le refrain est super bien fait, avec le refrain d’une petite fille justement : parle nous de ce morceau.

S : J’ai commencé à le faire j’avais un couplet et en faisait le couplet, c’était au moment où sortait le son « éternel recommencement » de Youssoupha : et je me suis dits : c’est lui qu’il me faut : je le voyais bien, le discours des deux morceaux me semblait complémentaire et j’ai essayé de le contacter d’abord par son manager, et c’était non, il était en plein buzz, et moi en plein rien du tout, et c’était non, mais je savais bien que sa plume pourrait l’intéresser : son manager est parti, il a eu deux oreillettes d’Ipod dans les oreilles, avec le premier couplet, et il s’est levé et il a dit je le fais je le fais.Une semaine après il est venu et a poser le morceau : il ne l’aurait pas fais j’aurai été déçu je te le dis franchemet, je sais que le morceau lui correspond et que ce feat lui a plut : il m’a soutenu, nous avons fait un concert au Batofar, il est venu, Youssapha, gros respect !

D : Saloon quels sont tes projets ? (réponse de l’intéressé en vidéo : press play)

Plus d’informations et contacts sur son site web: http://www.saloon.fr et sur son myspace : http://www.myspace.com/saloon4emesinge

Interview réalisé par Dany aka Rastaiam au studio Ouistiti Musik (merci à toute l’équipe) – Un big Up à Oncle Jo, Iccops! (interview réalisé à l’époque de StreetBlogger)

Partageons le HH
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

WP-Backgrounds Lite by InoPlugs Web Design and Juwelier Schönmann 1010 Wien