Fizzi Pizzi revient en détail sur 1947

FP 19471947  est le dernier album en date du Mc de Bobigny Fizzi Pizzi. Ce dernier nous fait l’immense plaisir d’expliquer dans le détail et avec ses mots tout son projet : morceau par morceau. Nous vous recommandons de vous poser, de mettre le CD et ou les vidéos/clip Youtube et de lire ses explications, voir quel est son morceau préféré, son travail avec les « beatmaker » … et même son auto-critique.

1947 : Titre éponyme de l’album, je voulais faire un morceau pour rendre hommage à mon père mais sans me lamenter sur sa disparition. Simplement conserver les grandes lignes de son caractère et de son histoire. Mon frère (NDLR : Morne Rouge) a gardé, en tête, les mêmes anecdotes et a entièrement composé la prod. Un dimanche après midi, il a fait intervenir Tarek Beswick (Corniste au Philharmonique de Zurich et premier corniste du Philharmonique de Belgrade), pour qu’il nous fasse l’honneur de poser des notes de cor inattendues.

FIZZI NB 2Boboch : Le texte était gratté depuis 3 ans mais je ne trouvais pas la prod idéale. Résigné à le mettre à gauche pour me concentrer sur un autre projet, je me suis dit que ça valait sûrement le coup de laisser une annonce sur Facebook en expliquant que mon album était terminé mais qu’il me manquait une prod pour un dernier texte… Stradivarius (Baril 2 Poudre/Pirates) m’a laissé un fichier mp3 avec le message : « coucou ». En écoutant son instru, j’ai eu des frissons, il m’a évoqué l’époque que j’abordais justement dans le texte (1992/1995).

16 ans : C’est durant l’année de mes 16 ans que je me suis dit : « Je veux faire du rap ». La prod de Mani Deïz était parfaite pour refléter mon état d’esprit en 1995. Avec les tchikitchi et autres scratchs de Dj Leenox le titre a pris tout son sens ! Au niveau du clip, mon frère voulait absolument intégrer des travellings. Nous avons utilisé la « Dufaitmaison’s Car » qui possède un grand coffre pour poser le Canon 5D. Le clip a bien fonctionné.

Pierrot la Plume : J’ai posé sur une prod de Ben Maker, et après lui avoir envoyé l’acappella il a travaillé un remix. Je voulais faire un titre dédié aux gratteurs de feuille blanche. Le clip est sorti 2/3 jours avant l’attentat qui a touché Charlie Hebdo donc je n’avais même pas le goût de le partager. Surtout qu’avec la phase « avec sa plume, il fait des rêves de liberté », j’avais l’impression de faire de la récupération, une sorte de pudeur s’imposait. Un peu plus tard, Ben m’a envoyé un deuxième remix après le pressage du disque que je trouve encore mieux… J’ai eu la chance de jouer cette version sur scène à l’occasion d’un concert à « l’International ». Une excellente petite scène avec un public super présent !

J’ai compris : C’est mon titre favoris ! A cause de l’instru (NDLR : réalisée par son frère), du texte et de l’ambiance. Je pense que je vais jouer ce titre à chaque concert. Pour l’anecdote, je l’ai joué sur 4 scènes différentes et à chaque fois, il y a une petite hésitation au départ, j’ai dû recommencer. Il me bute ce texte ! Mais Dj Leenox le sait, donc il repart avec un petit scratch et c’est toujours nickel (…)

Jean Claude Dusse : Je voulais absolument bosser avec Kobébeats (Palace prod). Il pouvait apporter au projet le genre de prod et d’arrangements qu’on ne pouvait pas encore trop faire du fait de notre matériel de prod limité. Bref, le thème me fait bien marrer, il attaque gentiment les MC’s mais c’est aussi de l’auto dérision puisque j’ai aussi ce petit côté “JCD” du rap…

Yolo : J’ai du mal avec ce titre, un coup je l’aime bien, un coup je me dit : « Il a rien à faire dans l’album ». C’est très étrange. La prod (Morne Rouge/Kobébeats) et le texte sont à part. Toutefois, ils introduisent une voie exploitable pour les prochains projets. En attendant, les retours sont aussi partagés sur ce titre. Par ailleurs, j’ai misé trop d ‘espoir sur le clip qui n’a pas vu le jour, nous devions le tourner sur New York et suivre un collectif de jeunes nanas, mannequins, danseuses, attirées par la mode, les sorties, la vie à cent à l’heure auprès des vedettes : “sorte d’archétype du bonheur au cœur d’une mégalopole multi-culturelle”. C’était le projet de Morne Rouge, très connecté avec les USA, parfois, avec lui, il ne faut pas chercher à comprendre, c’est comme de lui demander ce qu’il foutait sur un bateau en Norvège avec RZA ou Ludacris !

Daron : Je n’écoute jamais ce titre et pourtant les proches l’adorent. Le texte était là depuis un moment aussi. J’ai hésité à le mettre sur l’album à cause de l’interprétation « un peu molle ». Mais Ritzo est passé à la baraque et en finissant son Vieux rhum, il m’a dit « C’est ça l’humeur momo ! Tu vas pas être hardcore pour jacter des mouftons ! ». Et Mani (à la prod) le trouvait cool ce titre. Morne Rouge n’a jamais adhéré au morceau jusqu’à ce qu’on tourne le clip. Des beaux moments de joie avec les tipeux, des instants irremplaçables !

Facho : Je voulais faire une chanson et pas un track de rap. Ce qui explique le choix de la prod et le refrain avec les gosses. Je voulais un truc universel pour que les gens qui n’adhèrent pas au rap puissent au moins être sensibles au message. C’est le morceau numéro 1 dans le break ! Et mes potes pètent un plomb avec leurs gamins !

Adamantium : On devait le faire à 3 avec Paco (mais pas le temps). Momo (Ritzo) est passé à Boboch. On a posé ça tranquillement avec un énième vieux rhum évidement. Et il est revenu quelques mois plus tard à l’occasion d’un concert du Gouffre pour clipper sur les quais de scène. On s’est retrouvé à boire des ti punch avec son grand frère au Batofar et à oublier le « tournage ». Mais Morne Rouge a réussi à faire un montage honnête malgré les conditions. Bravo à lui. Je kiffe ce titre parce que Ritzo m’a emmené un peu dans son univers et ça nous a motivé pour d’autres projets communs.

La Pièce : Il était sur mon EP digital produit par Morne Rouge (Pas De Grisbi Pour Un CD) comme le titre « j’ai compris ». Ce n’est pas le morceau que j’écoute le plus, mais il se joint à ceux dont je suis le plus fier. En terme de conception (prod, texte, interprétation, clip), j’ai été étonné du résultat. L’instrumental a été composé et enregistré entre la Dordogne et Bobigny, le clip s’est fait en hiver, à Vincennes, un an ou deux après… Un grand Merci à Nordine Oulmi qui a réalisé le clip avec Morne Rouge, à Florence Stoëhr qui a apporté sa touche sur le scénario, à Rico et Tito les comédiens. Quand on me demande un lien pour découvrir l’une de mes vidéos, je donne souvent celui de “La Pièce” et de “Mémoires d’Un Ancien” (produit avec la même équipe).

Lol : J’adore ! Mais pas le public, lol. Le clip me fait délirer, le texte est cynique à souhait et la prod change des sentiers habituels. Je crois qu’un site allemand orienté sur les musiques urbaines l’a classé parmi ses favoris ! On l’a tourné dans les Vosges et Florence Stoëhr a créé un personnage féminin pour l’occasion : Roxy… c’était une belle aventure.

Mémoires d’un ancien : « Bam dans ta gueule…  » Rien à dire ! Avec,  j’ai plié tous mes anciens sur Bobigny ! On peut venir faire du blabla BAM et Re BAM ! Je plaisante même pas avec ce titre ! C’est du barre ta gueule à l’état pur ! Bref, c’est aussi la biographie musicale de Shmeule. Freemind a produit les deux instrus. Dj Leenox y a ajouté sa touche perso et Morne Rouge a réalisé le clip avec Florence Stoëhr. Un bon mois de tournage et de montage, avec de nombreux intervenants : Pépito, Tito, Shmeule, Mathéo, Nordine, Eva. Leur travail a été récompensé par un succès d’estime. #COOLMAISCASSEPASLESCOUILLES

Mes origines : Belle rencontre avec Féfé, le mec a la pêche de fou ! J’avais enregistré un titre avec lui en 2008 et il était chaud pour un refrain sur Mes Origines encore produit par Morne Rouge. Féfé a rajouté un peu de guitare. Par ailleurs, Je voulais faire un clip en animation mais trop de taff, nous avons cruellement manqué de moyens financiers et techniques…

Ma déprime : J’avais posé sur une face B et organisé un concours de remix, j’ai reçu 80 versions !! Des trucs chauds et plus tièdes, lol. Mais Ben Maker a fini 1er et 2ème avec ses deux démos ! Le titre est également utilisé comme B.O. du livre (ouais c’est pas commun) : Confession d’un braqueur suicidaire (Autobiographie de Tito « l’acteur dans le clip ») La vidéo a été tourné, monté en 3 jours par Nordine Oulmi. J’écoute rarement ce morceau parce qu’il n’est pas joyeux et je préfère me poser sur les trucs énervés et positifs !

La pochette : Réalisée par Nobru aka L’Indis (Il a capté direct le délire, super efficace le poto !). L’idée c’était de faire un album photo. Les photos du livret ont été prises par Morne Rouge un peu avant la fabrication du disque.

FP1_Pour conclure : Super Fier de ce projet, un peu galère au niveau des pistes, des mixes, des fichiers, des papiers Sacem et SPPF etc… J’ai eu un plan magique signé Patou La Malice pour le pressage (me demande pas, c’est secret). J’ai pas de regret, c’est pas plus pire que toutes ces merdes dans les bacs. Le daron aurait kiffé au moins un titre ou deux, ça laisse une trace authentique pour les tipeux.

On vous laisse avec une auto-critique de la part de Fizzi Pizzi :

L’auto-critique : Si j’étais simplement auditeur, je dirais qu’Il manque un peu de hargne, vu ce que le MC peut faire sur Mémoires D’Un Ancien par exemple. Certaines sonorités sont Old School, c’est sympa mais c’est facile de rapper sur ces tempos. Même un mauvais peut s’en sortir. C’est cool à écouter dans la caisse, ça raconte une histoire. Si je me rencontrai dans un concert, peut être que je lâcherai un billet après 4/5 rhums dans la ganache. Par ailleurs, le côté “Daron dépressif” peut lasser un peu à la longue, mais c’est aussi un “accent de vérité” et les textes persos sont pour certains soutenus par des vrais musiciens, des vrais instruments, vivants, qui répondent au rappeur. Ce disque est en marge des nouvelles tendances qui cartonnent. De plus, le fait que l’album raconte une histoire et qu’il soit organisé pour une seule écoute ajoute un bon point. Ça rap bien, ça gratte bien, il y a de beaux textes, sensibles et durs. Il n’y a pas de gros moyens derrière mais le taff est assez soigné. Disons que c’est le genre de skeud, tu l’fous en boucle sur une radio de merde, ça marche un peu… Toutefois, l’équipe Dufaitmaison est trop discrète ! C’est de l’anti communication ce bordel ! Heureusement, qu’il y a partout en France des gens curieux, passionnés qui n’hésitent pas à faire découvrir ce premier opus, 1947.

Fizzi

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