Maj Trafyk – Petite prophétie [Intw]

Maj bonjour, nous avions déjà eu l’occasion de t’interviewer lors de la sortie de ton précédent projet, comment vas-tu depuis ?

Salut frangin, je vais bien merci ! J’arrête pas de taffer et je kiffe ! Depuis l’année dernière après la mixtape « Sphinx tête de mort » j’ai enchainé direct sur ce EP, je n’ai plus envie de laisser passer trop de temps entre mes projets.

Tu proposeras lundi 27/05 un nouvel EP « Petite prophétie », composé de 9 titres, mêlant rap pur et dur, rap conscient et doux, chant et reggae : peux-tu nous résumer la philosophie de ce projet et nous en expliquer son titre.

C’est vrai que j’ai varié les styles sur « Petite Prophétie », mais je me rends compte avec du recul que j’ai toujours fait ça. Je peux passer de l’aube au crépuscule d’un morceau à l’autre, mon écriture est à l’écoute de mes humeurs on va dire.

Pourquoi « Petite prophétie » ? Et bien j’ai trouvé que ce titre de projet collait bien à l’ambiance pseudo apocalyptique de 2012 avec toutes ces prédictions ici et là de fin d’un cycle, de nouvel ère… Cette idée m’a plu, c’est une façon de dire que j’arrive avec un nouveau souffle. C’est aussi l’idée de la « prédiction », parce que j’annonce avec un « petit album »  mon prochain LP « NostradaMaj » que je prépare actuellement et qui sera plus étoffé en terme de titres.  

Je te propose de faire découvrir ton EP en parlant de certains des morceaux (deux morceaux ont déjà tournés : « Mona Lisa » et « Pon the Top »), voici notre sélection :

Nostradamaj : un titre en guise d’introduction, qui commence par un jeu de mot dès le titre. Ce morceau est un rappel de ton parcours dans le rap, sur ta trajectoire musicale. Un morceau compact pour une intro, dans lequel tu décris « j’aime le rap à en crever, à en perdre tout ce que j’ai » – en bref, tu ressens et vit ton rap avec beaucoup d’émotions et de douleurs ?

NostradaMaj est effectivement un morceau « introduction »mais aussi le titre de l’album qui viendra après comme je te l’ai dit précédemment.

De l’émotion oui, mais en fait je ne vie pas mon rap avec douleur, au contraire… En revanche, je suis un dealer toxicomane de son… Je peux pratiquement dire que le rap est mon crack… Je prends volontairement l’exemple de cette drogue dure, parce que si tu fumes une seule fois cette merde, tu es dépendant à vie. C’est mon cas avec le rap.

Libre Art Beat : là encore un jeu de mots contenu dans le titre : tu y parles encore de ton amour pour le rap, du fait que tu tournes (parfois) en rond dans ta chrysalide, tu reviens encore sur ton parcours lorsque tu poussais la chansonnette dès tout petit, « chanter son bonheur », refaire le monde sur un arpège car « trop puissant sont les liens du son / sang » – as-tu fini ta « transformation », es-tu devenu papillon et es-tu libre ?

Oui, dans Libre art beat on ressent vraiment cette prise de décision radicale que j’ai prise il y a quelque temps, c’est à dire d’assumer complètement le fait que je sois un artiste. J’ai fait un choix, celui de m’invertir dans les « arts » avec plus de force que jamais. Si je te dis les « arts » c’est parce qu’il n’y pas que la musique qui me transcende , il y a aussi le cinéma, même la peinture ou l’écriture de livres etc… Et ça depuis tout petit…

 En bref, j’ai écris ce morceau juste après avoir quitté un travail dans lequel je m’étais enraciné pendant des années, car contraint d’assumer les charges de la vie en tant que père de famille. J’aurais pu continuer encore longtemps comme ça, mais un jour, j’ai décidé de dire « stop ».

Je te confirme que le papillon a bien quitté sa Chrysalide, mais il sera obligé tôt ou tard de la regagner de temps en temps.

De manière générale, et on le voit déjà sur ta pochette/visuel du EP, tu parles souvent des anges, de la vie, de la mort, qui sont des mots très récurrents dans tes textes : pourquoi ?

Tu as raison, ces références reviennent souvent dans mes textes. Je pense que c’est tout simplement mon univers. Il y a peut-être le fait que j’ai été éduqué en Guadeloupe et que là-bas existe de fortes croyances en l’ »invisible ». Je suis né catholique, mais ne pratique aucune religion, cependant je me documente ponctuellement et m’intéresse aux 3 religions monothéistes… malgré le fait que je sois Déiste.  

Joli Blaze : le morceau sans doute le plus personnel du projet, que tu as fini d’écrire à l’aune de la venue au monde de ton fils. Tu t’y dévoile en parlant de ta femme, de ton fils, de l’amour que tu leur porte, de ton envie de les rendre heureux, de donner à ton petit les armes pour son futur (l’aider à trouver sa voie, lui laisse le choix de la foi …) : mais encore ?

En fait, tu as tout résumé sur ce titre. C’est effectivement le plus personnel que j’ai jamais écrit. C’était en 2005, je savais que j’allais être père pour la première fois et j’ai gratté le 1er couplet avant que mon fils ne naisse. En fait pour résumer, comme tout parent normalement constitué, c’est le bonheur de mes enfants qui m’importe… Depuis j’en ai eu 2 autres alors les paroles initiales ont été un peu modifiées, je généralise un peu plus, sans prononcer le prénom …

Tu considères ton fils comme « ma plus belle mélodie » « la vie est une chanson que j’ai voulu te chanter », mais lui as-tu trouvé un prénom du sonne et chante ?

A la base ce morceau s’appelait « Jazz ». Voilà tu sais tout.

Histoire d’une putain : rien que le titre nous donne la température : parler d’un sujet qu’à part Brassens (et ??) n’a jamais abordé dans le rap : pourquoi ce thème ? on sent que ces femmes qui font le plus vieux métier du monde te touchent : tu proposes de la poésie sur ce sujet quand beaucoup pensent cru et creux … « les fleurs du bitumes se cueillent à l’arrache… » : peux-tu nous en dire plus ?

Ce morceau a été écrit du temps où Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur. Je me souviens d’une de ses interventions à propos des prostituées, il s’acharnait un peu, il voulait faire voter une loi qui allait les mettre encore plus dans la merde, j’ai trouvé son attitude hypocrite quand on connait les meurs des gens de pouvoir… Donc j’ai décidé de consacrer un son entier aux putains… Mais c’est un hymne dédié aux putains professionnelles, pas aux salopes … Je fais bien la différence (rires)

Après avoir abordés près de la moitié de ton projet au travers de certains morceaux, je te propose de revenir sur le EP en global et sur ton travail d’artiste :

Focus sur tes invités : Nakk avec qui tu avais déjà collaboré (Street Minimum), Lyricson, mais encore ? comment se sont faites les connexions et pourquoi ces invités ?

Avec Nakk on est connectés depuis plusieurs années, même si on se voit rarement, on prend des news de temps en temps. On avait été présentés il y a plusieurs années par un ami commun « Las Lémir » qui est d’ailleurs le producteur de « Chanson triste ». J’ai eu envie de l’appeler une nouvelle fois parce que le feeling passe bien entre nous. On est des mecs de la même génération, 1976, pères de familles et malgré des parcours difficiles, ça rap toujours et encore !

Lyricson est un ami de longue date, nous faisions parti du même collectif en 1998 « Redzone« . J’ai assisté à toute son évolution depuis cette époque lointaine où il rappait, jusqu’à l’artiste reggae de niveau internationale qu’il est devenu. La vie sur Paris a fait que nous ne nous étions pas vus depuis un moment, mais je ne me voyais pas faire ce projet sans le solliciter.

Pour les autres featuring, c’est une affaire de famille… tu as MadaJack, un de mes plus jeunes frères, Enzo’Original que je considère aussi comme mon petit frère et qui a produit « Sur un air de fin du monde » sur ma dernière mixtape, tu as CNS, c’est la famille musicale depuis des années… et CAP que l’on vient de signer chez Indigenius Muzik.

Focus sur les beatmakers : un producteur « principal » et d’autres collaborations : là encore comment se sont fait les rencontre et les choix des musiques ?

Donc sur le EP, 7 titres sur 9 sont produits et réalisés par Alsoprodby, notamment producteur du Sain Supa Crew, Sandy Cossett, Oxmo, Al Peco ou Napoleon da Legend…  

En fait la connexion avec Also s’est faite par le biais de Nkodem qui m’avait sollicité pour la B.O de sa BD « Manioka » (volume 2). Un vinyle a été pressé à cette occasion et Also était le producteur des titres.  J’ai kiffé sa pâte.  Lui de son coté avait apprécié ma prestation, donc c’est naturellement que je lui ai demandé de m’épauler sur ce projet.

Les 2 autres producteurs sont de jeunes beatmakers cainri, la connexion s’est faite sur les réseaux sociaux. Tu retrouves Epik the Dawn pour Mona Lisa et SuperstarO pour Pon the top.

Comment se fait de manière générale ton travail d’écriture : sur l’instru, avant l’instru ? Comment te viennent tes idées.

De façon générale j’écoute d’abord l’instru ensuite les idées viennent. C’est pour moi la façon la plus efficace d’écrire. Après ça coule tout seul…

Ton album mélange sons patates / « Bélier » comme tu me l’avais dit (avec Mona Lisa), mais aussi sons plus doux, plus conscients, plus imagés aussi, mais mêlent aussi le rap, le chant, le reggae, et le ragga : peux tu rappeler à ceux qui ne te connaissent pas encore pourquoi tous ces « mix ».

En fait j’ai une façon très Caribéenne de pratiquer le rap. Un peu à l’image de Fugees à l’époque, c’est dans ma culture, lorsque je vivais aux Antilles 90 % de mes potes pratiquait la Dance-Hall, de ce fait j’étais un des seuls « résistants » avec mon rap, mais à la longue, l’influence reggae ma forgé une âme de chanteur tout terrains… Donc je me considère comme un rappeur, sauf que je me permets un « chant d’action » (jeu de mots) plus large… (rires)

Qu’attends tu de ce projet qui ne sort d’abord qu’en digital ?

En fait, mon but est de susciter l’intérêt d’un maximum d’auditeurs, qu’ils apprennent à connaître mon univers. Après on s’adaptera aux évènements …

Prévois-tu une sortie physique ?

La sortie physique dépendra de pas mal de facteurs, mais c’est ma volonté de sortir ce projet en CD et Vinyle.

Quelle est la suite ?

La suite va vraisemblablement se passer en collaboration avec Musicast pour l’album NostradaMaj, que l’on va essayer de sortir dans la dynamique de « Petite prophétie », donc pas trop longtemps après …

Un rêve dans le HH(un morceau avec ??? ou . ???) , un pour le HH ?

Un rêve de collaboration? ouais avec B.Real (Cypress Hill), bon mon rêve est un peu écorché puisse qu’on m’a dit que Larusso l’avait fait avant moi (rires).

Un rêve pour le HH français? un 2ème âge d’or, du genre de celui de la fin des années 90.

Un coup de cœur ?

French Montana, c’est pas le plus fort, mais son attitude est lourde.

Un coup de gueule ?

j’aurai du être cainri …

Le mot de la fin ?

« Koutéy » !

Plus d’informations :

Le EP disponible > ICI <
Interview du Mc (lors de son dernier projet)
Le morceau Mona Lisa
Le clip Pon The Top
1 – NostradaMaj (maj trafyk / Alsoproby)
2 – Libre art beat (maj trafyk / Alsoproby)
3 – Mona Lisa (maj trafyk / Epik the dawn)
4 – Histoire d’une putain (maj trafyk / Alsoproby)
5 – Goudron et plumes feat. Nakk Mendosa (maj trafyk, nakk mendosa / Alsoproby)
6 – Fifty fifty feat. Enzo’ Original, CNS, CAP (maj trafyk, enzo’ original, cns, cap / Alsoproby)
7 – Joli blaze (maj trafyk / Alsoproby)
8 – Syndrome du phœnix (remix) feat. Lyricson (maj trafyk, Lyricson / Alsoproby)
9 – Pon the top (bonus track) feat. MadaJack (maj trafyk, MadaJack / superstaro)
EP disponible > ICI <
Partageons le HH
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

WP-Backgrounds Lite by InoPlugs Web Design and Juwelier Schönmann 1010 Wien